CA RESSEMBLE A QUOI UN VIRUS ? Montrer l’invisible

                       
Jeu vidéo allemand et autocollant britannique (collection Nuage Vert)
Nuage Vert – musée mobile Vallée de la Dordogne travaille sur une expo virtuelle, une expo réelle (dès que ce sera réalisable), un livre et des vidéos, sur : « CA RESSEMBLE A QUOI UN VIRUS ? Montrer l’invisible ».
Un appel est lancé aux artistes, aux enfants et jeunes, mais à tout le monde d’ailleurs, pour nous envoyer des images de virus. Comment les voyez-vous ? Tout est possible et tous les imaginaires sont bienvenus sur ces virus de toute nature (numériques aussi).
NOUS SOMMES POLLUES PAR L’INVISIBLE, MONTRONS CET INVISIBLE !
Voilà une démarche amusante et qui peut défouler. Il y aura aussi des travaux plus sérieux sur ces images des absents omniprésents dans l’histoire à partir des collections de Nuage Vert (et de vos dons d’images ou d’objets), où d’ailleurs on montre tout sauf le virus lui-même (voir quelques exemples historiques joints)
VIRUS, ON VA ENFIN TE VOIR ?…
Flagellants lors de la peste de 1348, gravure eau-forte du XVIIIe siècle (collection Nuage Vert)
Buvard publicitaire contre la grippe par Cappiello, début XXe siècle (collection Nuage Vert)

 

Couverture de l’édition poche : La Peste d’Albert Camus en 1955 (collection Nuage Vert)
Insigne des Anonymous (collection Nuage Vert)

L’ECOLOGIE, C’EST QUOI ?

(collection Nuage Vert)
Nuage Vert – musée mobile Vallée de la Dordogne continue son travail de mise à disposition gratuite de ressources en ligne pour faire un peu de résistance culturelle. Sur le site nuage-vert.com (et sur YouTube, chaine Nuage Vert-Green Cloud), dans sa nouvelle rubrique « ça bouge / vidéos », trois semaines de travail intensif ont permis de réaliser une série inédite de 14 vidéos intitulée : « Vadrouilles en écologie ».
 
Le propos est tout à fait nouveau puisque, en cette période de confinement (et après), il s’agit de donner des éléments de réflexion sur un sujet central dans l’actualité mais que personne ne connait. De la Préhistoire à aujourd’hui, comment les humains ont-ils considéré leur environnement ? Quand le mot « écologie » est-il apparu ? Et comment ses significations ont-elles changé ?
 
Chaque étape chronologique est une visite commentée de livres –parfois précieux– et de films qui incitent à aller plus loin. Sans dévoiler le contenu, chacune et chacun pourra voir des mythes et fables anciennes, les naturalistes voyageurs, Darwin et Thoreau et l’inventeur du mot « écologie » en 1866, l’Allemand Ernst Haeckel, comme discipline scientifique. Les communautés libertaires du XXe siècle, à la fois écologistes et féministes prônant l’amour libre et l’éducation populaire, précèdent l’idéalisation de la nature des années 1930 et 1940 pour la droite comme la gauche. Et puis les hippies et le « Summer of Love » de 1967 anticipent un tournant en 1970 avec la première Journée de la Terre et le passage de l’écologie scientifique à l’écologie politique. Toutes les questions d’aujourd’hui sont alors mises en évidence mais sans effet puisque René Dumont, premier candidat écologiste au monde à une élection présidentielle en 1974, obtient 1,3% des voix…
 
Dans notre temps de pandémie, de pollutions diverses et de dérèglements climatiques, voilà donc un outil simple pour donner un peu de perspectives historiques à toutes ces questions : à période troublée, besoin de repères. A noter que de façon complémentaire le site nuage-vert.com (rubrique LabSav) propose avec la Ligue de l’Enseignement et le Musée du Vivant une exposition téléchargeable gratuitement en ligne intitulée : « Une histoire générale de l’écologie en images ».

RESISTANCE CULTURELLE ET MOBILISATION ENVIRONNEMENTALE

 
Nous vivons une situation inédite : la paralysie et le confinement de millions de personnes à travers la planète. Jamais la peur d’un virus n’a eu autant de conséquences. C’est probablement un des effets de la guerre mondiale médiatique où les morts pèsent davantage dans l’imaginaire qu’autrefois, car ils peuvent être individualisés et leurs histoires circulent.
 
L’effet est la reprise en mains des économies par les Etats. La liberté donnée aux entreprises mondialisées trouve là ses limites et un mouvement de relocalisation s’opèrera. Mais ce qui peut inquiéter est la sortie de crise. En dehors de disparitions de secteurs entiers (et évidemment les secteurs culturels trinqueront), on risque de tomber vite dans des palinodies politiciennes qui nous masquent les vrais enjeux.
 
A force de chercher des « responsables » à tout ce qui advient et que personne n’avait prévu, on obtient un effet double : plus personne ne veut prendre le moindre risque et la paralysie et l’inefficacité gagnent ; la pensée de ce qui importe pour le futur est une fois de plus totalement évacuée.
 
Alors, cette période nécessite une vraie RESISTANCE CULTURELLE tout de suite. C’est ce que nous avons fait (comme d’autres bien sûr) symboliquement avec les expositions gratuites téléchargeables en ligne sur simple demande (nuage-vert.com/contact) et puis ces petites vidéos pour nous inciter à décaler le regard, disponibles sur le site (« ça bouge / vidéos ») et avec la chaîne Nuage Vert sur YouTube. Le journal La Montagne a relayé (https://www.lamontagne.fr/tulle-19000/loisirs/correze-decouvrir-des-expos-et-des-films-en-ligne-avec-l-association-nuage-vert_13768642/?fbclid=IwAR3JcEagAcFNk45xBaJMNOSTgMVIRseMeoo2HARfLKnqqfaNR9Ahz1EfSmM#refresh).
 
Mais il faut aussi comprendre un raisonnement simple : si ce virus invisible est parvenu à provoquer la claustration de millions de personnes et l’arrêt des économies, n’est-il pas temps qu’une autre urgence planétaire, première, permanente et en courbe toujours ascendante, suscite des mesures radicales d’éradication : la crise environnementale ? Elle est visible directement car les pollutions, de la terre, de l’eau et de l’air comme les dérèglements climatiques et les empoisonnements de la malbouffe industrielle sont patents.
 
Combattre le virus, oui, mais pas pour tout recommencer comme avant et se perdre en chamailleries idiotes. Combattre le virus et lancer la MOBILISATION ENVIRONNEMENTALE. Changer nos règles dans une lutte frontale avec les périls en cours. La destruction environnementale –c’est-à-dire nos conditions de vie sur cette planète– est une pandémie sans limites qui tue depuis des dizaines d’années.
 
(ci-joint un dessin récupéré grâce à Philippe Dubé au Québec, merci !)

Anesthésie générale et Résistance Culturelle

Coronavirus :

– nouvelle rubrique de petites vidéos pour décaler son regard « ça bouge / vidéos »

– profitez de nos ressources en ligne, notamment demandez

les expos téléchargeables gratuitement

 

Une intoxication planétaire est en cours. Cette vague virale foudroyante nait d’un doute généralisé. La claustration s étend.
Et beaucoup de petites musiques se répandent. Les plus positives sont la mise de contenus et d’échanges en ligne développant de facto des médias intermédiaires dont nous avons besoin. Dans un nouveau système où le virtuel a pris le pas sur le réel, le réel dépend du virtuel et des solidarités du virtuel. De surcroît, tout le monde paraît fragile au même titre.
La mise en valeur concurrente des scientifiques est aussi une manière d’affirmer ce que je dis depuis longtemps : au-delà de la liberté de pensées et de croyances individuelles, les sciences critiques et expérimentales sont le seul dénominateur commun. Au temps des fake news ou des deep news (des faits intangibles affirmés en dehors de toute vérification et même en dépit de toutes les preuves contraires, c’est-à-dire dans un au-delà de la raison), la nécessité d’un référent commun est très pédagogique et indispensable.
Mais un tel arrêt prépare des lendemains difficiles et sûrement contrastés, avec les survivantes et survivants économiques, les gagnantes et gagnants d’un côté, et les désespérés ou les oubliés de l’autre. Parallèlement, se dessine une tendance localo-localiste d’égoïsmes concurrents sources de conflits.
Le retour au local, j’y appelle depuis des années, les circuits courts, les fonctionnements au plus près de la vision directe. Mais un retour au local dans des solidarités globales indispensables, que nécessitent nos urgences environnementales planétaires. Un local-globalisme, un terrisme (une défense collective de notre lieu de vie, de ce globe si singulier et si fascinant) ici et ailleurs.
Voilà ce qui doit nous guider. Et, tandis que les urgences sont là pour sauver d’abord des vies mais également des personnes et des entreprises en faillite, il importe de garder à l’esprit que résistance culturelle et résistance des savoirs sont aussi essentiels. Je pense à tout ce tissu associatif –souvent bénévole avec de petites subventions– qui oeuvre considérablement au lien social.
Alors, la résistance culturelle s’organise avec des contenus en ligne. Et il faut poursuivre. A Nuage Vert, nous avons commencé une micro-action symbolique en plaçant tous les jours des petites chroniques courtes pour interpeler et notamment valoriser à distance les expos (à Nuage Vert et à la médiathèque Xaintrie Val’Dordogne) « Boris Vian, de la ‘Pataphysique à la science-fiction ». La SF, on y est en direct. Faisons vivre alors un tout petit peu ces expos fantôme de pièces rares (rubrique « ça bouge / vidéos »). C’est minuscule, c’est poisson-pilote comme tout ce que le musée mobile a réalisé (lancer des initiatives et des idées, souvent sans moyens, mais avec de l’imagination, pour que d’autres s’en emparent et développent). Des magazines, des petites fictions à l’arrache, des MOOC, des cours en ligne, des modules de découverte environnementale ou d’analyse des images, il y a tant à inventer…
Décidément, cet exceptionnel Boris Vian, à l’humour et à la poésie décapantes dans tous les domaines, mort brutalement à 39 ans, trinque encore (il a ramé…), non pas aux cocktails sur des solos de jazz ou de rock, mais à la cigüe médiatique obligatoire (le centenaire annoncé, tout est annulé)… Pauvre Boris ! On ne va pas le lâcher et on continuera à faire des événements quand cela ira mieux (tous nos intervenantes et intervenants veulent absolument venir).
Et puis, méfions-nous, organisons la Résistance Culturelle (ReCult), car dans notre système du news market, nous vivons des polarisations exclusives et successives. C’est dangereux. Là aussi, la diversité est essentielle : on peut se mobiliser et apprendre ou se divertir. Les savoirs et les cultures au sens large d’expressions culturelles (qui vont aussi vers la gastronomie ou le sport) doivent innerver le corps social comme des valeurs collectives. Puisse cette mobilisation générale apporter une réévaluation de ce qui nous est indispensable à vivre, bien au-delà de l’argent et surtout de son accumulation irraisonnée.
Laurent Gervereau

ça bouge / vidéos

une rubrique nouvelle sur ce site

pour décaler son regard

nature et culture au petit matin…

BORIS VIAN DE LA ‘PATAPHYSIQUE A LA SCIENCE-FICTION

BORIS VIAN A ARGENTAT-SUR-DORDOGNE

(CA COMMENCE LE 7 MARS 2020 A 10H !)

du 7 mars au 23 mai 2020

Un événement, deux expositions : à Nuage Vert – Musée mobile Vallée de la Dordogne et à la médiathèque Xaintrie Val’Dordogne

Boris Vian et Miles Davis au club Saint-Germain pour la sortie de Cantilènes en gelée en 1949, publié par Rougerie en Limousin

(Archives Cohérie Boris Vian)

Deux expositions célèbrent un auteur fameux et très original né il y a cent ans : Boris Vian. Ces expositions (intitulées « Boris Vian de la ‘Pataphysique à la science-fiction ») sont inscrites comme des étapes majeures dans la commémoration nationale. Commémorer Boris Vian ? Cela l’aurait fait sourire… Mais il mérite ce Boris d’être fêté car, mort brutalement à 39 ans, il a oeuvré dans tant de domaines avec tant de talents et d’originalité.

Pourquoi à Argentat-sur-Dordogne ? Parce qu’une pièce unique, répartie sur un mur entier, est présentée dans l’exposition de Nuage Vert – musée mobile Vallée de la Dordogne (jardin public d’Argentat) : l’original de son seul livre d’artiste Cantilènes en gelée publié en tirage limité par Rougerie en Limousin en 1949, exemplaire dédicacé par Boris Vian à Odette et Pierre Bost.

Mais beaucoup d’autres aspects de la vie de ce personnage exceptionnel sont évoqués dans les deux présentations avec des pièces originales rares. Ainsi, pour la première fois, sont sorties de son appartement cité Véron à Paris (en face de celui de Jacques Prévert) cinq des six peintures à l’huiles réalisées par Boris Vian, grâce à un prêt de Nicole Bertolt et la Cohérie Boris Vian. C’est grâce aussi à elle que de faux journaux confectionnés par Boris sont montrés à Nuage Vert : les « fake news de Boris ».

Voici le moyen de revisiter tout l’après-guerre, un temps d’espoirs et de terreurs. Boris –lui qui pratique un humour si décapant– connaît des épreuves. Sa famille à Ville-d’Avray est ruinée par le krach boursier de 1929. A la suite d’une maladie infectieuse, il subit un rétrécissement aortique au début des années 1930 qui met sa vie en péril et le tuera (il meurt en 1959 en voyant son nom au générique du film J’irai cracher sur vos tombes de Michel Gast qu’il récusait). Son père est assassiné en 1944.

Ingénieur diplômé de l’Ecole Centrale et travaillant à l’AFNOR sur les normes, il est depuis 1937 membre du Hot Club de France présidé par Louis Amstrong et Hugues Panassié. Et il écrit. Vous verrez l’édition originale de J’irai cracher sur vos tombes, polar à scandale de 1946 qu’il est censé avoir juste traduit. Vous verrez aussi la première publication de L’Ecume des jours, roman qui n’aura aucun succès avant sa mort comme tous les autres, si bien qu’il arrête d’en écrire en 1953 (après L’Arrache-coeur).

Mais Boris Vian, c’est aussi le Tabou et les caves de Saint-Germain-des-Prés, la fête après la guerre tandis que la menace atomique de la guerre froide pèse et qu’il faut vivre chaque instant intensément. C’est la science-fiction (le mot apparaît en 1950-51) et ces films et romans et objets remplis de robots, de Martiens et de voyages dans l’espace. Ce sont les premiers rocks en France en 1956 avec Henri Salvador, parallèlement au Limougeaud Marc Lanjean et le film Miss Catastrophe avec « Rock à quat’strophes ». Et le cinéma (Alexandra Stewart, qui a joué avec lui, vient à Argentat le 14 mars). Et tant d’idées dans tous les domaines…

Des artistes se sont mobilisés. Guénolé Azerthiope vient le 7 mars pour les inaugurations (10h à la médiathèque et 11h à Nuage Vert) et a prêté 3 sculptures mobiles. Willem a créé un dessin original en couleur pour Nuage Vert. Michel Gondry a confié son dernier court-métrage sur Vian. Des sculptures de Jean-Claude Biraben sont exposées et des peintures de Guy Bodson. Enfin des pièces précieuses concernant le Collège de ‘Pataphysique (avec son ami Raymond Queneau, Jacques Prévert et tant d’autres) vous font pénétrer dans la vie d’un personnage prodigieux, inventif en tout, pétri d’humour et de dérisoire, gai et désespéré, qui a commis plus de 600 chansons et inspiré Serge Gainsbourg et surtout qui, mort, est tellement vivant. C’est cela que vous ressentirez à travers une commémoration très riche, mêlant toutes les générations, dont ces deux expositions avec différentes rencontres passionnantes marquent un temps fort.

A noter les rendez-vous :

BORIS VIAN, DE LA ‘PATAPHYSIQUE A LA SCIENCE-FICTION

exposition à Nuage Vert et à la médiathèque Xaintrie Val’Dordogne

(renseignements : contact@nuage-vert.com ou 06 12 29 60 97 /  www.mediatheque.xaintrie-val-dordogne.fr ou 05 55 91 90 11)

 

– 7 mars  10h  inauguration de l’exposition à la Médiathèque Xaintrie Val’Dordogne avec Guénolé Azerthiope (la partie « Science-fiction et premiers rocks en France »)

11h inauguration de l’exposition à Nuage Vert (la partie « Pataphysique et vies parallèles ») avec Guénolé Azerthiope

– 14 mars 15h30 au cinéma Le Turenne : projection du Bel Age de Pierre Kast où jouent Boris Vian et Alexandra Stewart. Alexandra Stewart nous fait le plaisir de venir spécialement !

– 21 mars 15h30 à Nuage Vert, Marcel Benabou, secrétaire définitivement provisoire de l’Ouvroir de Littérature Potentielle (OuLiPo) –qui a bien connu Queneau et Perec– nous fait l’amitié de venir à Argentat parler de : Une petite histoire de l’OuLiPo, en passant par Noël Arnaud et un inédit de Boris Vian

– 28 mars 15h30 salle municipale d’Hautefage : mise en scène par la compagnie Benoit Lepecq de la pièce « Série blême » de Boris Vian. Ne loupez pas ce spectacle burlesque et cartoon créé à Hautefage par Corinne François-Denève avant de partir en Amérique, à la Nouvelle-Orléans !

– 4 avril 15h30 au cinéma Le Turenne. Les Etoiles du Nuage : Pierre-Henri Deleau (directeur de festivals à Cannes ou à Pessac) et Pascal Ory évoquent Pierre Kast et Vian, le club des savanturiers et Queneau, la ‘Pataphysique… Projections.

– 9 mai à 11h Lecture exceptionnelle de Je voudrais pas crever par Jean-Claude Leguay dans l’expo Boris Vian à la médiathèque Xaintrie Val’Dordogne

en gestation : Michel Gondry a confié son dernier court-métrage inédit sur Boris Vian montré dans l’expo. Il envisage de venir en parler et échanger avec le public

 

 

L’ART DANS LES VILLAGES

Nuage Vert – musée mobile Vallée de la Dordogne a initié un cycle intitulé « L’Art dans les villages » itinérant avec des premières étapes assurées par Jean Clottes ou Jean-Paul Demoule. La toile grand format réalisée par Villeglé « L’Art, c’est quoi ? » sert d’emblème à ces rencontres où nature et culture se mêlent.
 
En complément et pour répondre à une demande d’initiations artistiques et d’échanges, Alexandra Duchêne commence au pays d’Argentat-sur-Dordogne une série de rendez-vous sur l’histoire des arts et du visuel. C’est culturel bien sûr mais c’est aussi un acte citoyen, car il est important aujourd’hui d’arriver à se repérer dans la confusion visuelle ambiante.
 
De mars à juillet 2020, cinq conférences-échanges sont programmées. Elles durent une heure et demi et permettent de bénéficier de repères chronologiques et stylistiques sur une période ou un sujet particuliers, puis est réalisée une analyse spécifique d’oeuvre, pour finir par un débat concernant un sujet d’actualité.
 
Les collections de Nuage Vert permettront d’être en contact, chaque fois que c’est possible, avec des pièces uniques et de comprendre techniques et processus de création. Des coups de projecteur seront donnés pour commencer ce cycle le jeudi à Nuage Vert à 19h, volontairement assez variés, de la Préhistoire à l’histoire des jardins au cours de cinq rendez-vous : Préhistoire le 26 mars ; 2 avril, Renaissance italienne ; 14 mai, naissance de l’écriture en Mésopotamie ; 11 juin, l’art des jardins ; 2 juillet, XIXe-XXe siècles, le basculement de l’impressionnisme à l’abstraction. Des promenades pourront s’organiser pour lier tout cela au territoire ou des visites chez des particuliers ou lieux publics.
 
Cela se passe donc à Nuage Vert (jardin public d’Argentat-sur-Dordogne). Inscription préalable : contact@nuage-vert.com ou 0612296097. Adhésion à Nuage Vert 8 euros, cycle des 5 conférences : 60 euros, conférence à la carte : 15 euros.

BECASSINE ET BORIS VIAN

Une Corrézienne
pionnière de la bande dessinée
 
Samedi 15 février à 15h30 Gilles Ratier viendra parler à Nuage Vert (jardin public d’Argentat-sur-Dordogne) de :  « Les femmes dans la bande dessinée européenne francophone et la première scénariste : Jacqueline Rivière« .
 
C’est d’abord l’occasion de voir ou revoir l’exposition superbe autour des planches originales de Claire Malary, autour du loup et bien sûr autour des bandes dessinées réalisées par des femmes. Trop longtemps leur rôle a été marginalisé. Et pourtant la première scénariste officielle de la bande dessinée est une femme, née à Brive sous le nom de Jeanne Spallarossa. D’abord romancière, elle devient à sa création en 1905 la rédactrice en chef du nouvel hebdomadaire La Semaine de Suzette. Elle y fait beaucoup, sous divers pseudonymes, dont celui de Jacqueline Rivière. C’est sous ce nom qu’ayant un « trou » dans sa maquette, elle invente dès le premier numéro le personnage de Bécassine.
 
L’exposition montre trois exemplaires originaux de La Semaine de Suzette en 1905, l’année de la création, et un papier peint au pochoir rare de Bécassine édité entre 1910 et 1920 pour des chambres d’enfants. Mais la formidable richesse créative de ces femmes auteures de bandes dessinées est aussi mise en valeur de façon plus récente, que ce soit avec Claire Bretécher, le magazine Ah ! Nana, Nicole Claveloux et Annie Goetzinger, plus récemment Catel Muller, Pénélope Bagieux… Une place particulière est réservée à Chantal Montellier qui a réalisé la fresque sur René Dumont ornant le bâtiment de Nuage Vert. En effet, cette importante créatrice a offert deux planches originales d’Andy Gang à Nuage Vert, qui sont présentées avec leur publication d’origine dans Métal Hurlant.
 
Gilles Ratier vient ainsi (samedi à 15h30), pour le dernier jour de l’exposition, évoquer cette grande aventure de créativité. Il est membre du prix Artemisia, fondé en 2007 et qui a l’originalité de valoriser les bandes dessinées réalisées par des femmes (Nuage Vert est partenaire). Gilles Ratier a présidé pendant 23 ans l’Association des critiques et journalistes de bande dessinée. Nul doute que ce passionné sera passionnant !
 
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NOTEZ BIEN NOS PROCHAINS RENDEZ-VOUS TRES EXCEPTIONNELS AUTOUR DE BORIS VIAN
 
2020 est l’année de la commémoration Boris Vian. Argentat-sur-Dordogne a la chance très exceptionnelle de présenter, sous le titre « Boris Vian de la ‘Pataphysique à la science-fiction », deux expositions à Nuage Vert et à la Médiathèque Xaintrie Val’Dordogne avec des pièces rares, dont certaines venant de l’appartement de Boris Vian. Entre autres, le dessinateur Willem a créé et offert un dessin sur Boris. Guénolé Azerthiope présente trois sculptures mobiles. Michel Gondry a confié son dernier court-métrage. C’est ainsi une des expositions majeures au niveau national autour de cette commémoration d’un personnage exceptionnel, attachant, aux talents multiples (littérature, musique, SF, polars, rocks…), disparu à 39 ans.
 
Vous y trouverez un mur entier occupé par l’édition originale à tirage limité de la seule édition d’art réalisée par Boris Vian datant de 1949 : Cantilènes en gelée. Cet exemplaire est dédicacé par Boris Vian et publié par Rougerie en Limousin.
 
 
Notez bien les dates des différents événements qui accompagnent la manifestation :
 
– 7 mars 11h inauguration de l’exposition Boris Vian à Nuage Vert (la partie « ‘Pataphysique et vies parallèles ») avec Guénolé Azerthiope
7 mars 15h à la médiathèque Xaintrie Val’Dordogne inauguration avec Guénolé de l’exposition Boris Vian sur « Science-fiction et premiers rocks en France »
– 14 mars  10h A Saint-Bazile-de-la-Roche, Mathieu Pressé nous mène à la recherche des bois de cerfs dans le cadre de l’ Atlas de la Biodiversité Communale – ABC (une escapade environnementale qui aurait probablement amusé Boris…)
14 mars 15h30 au cinéma Le Turenne : projection du Bel Age de Pierre Kast où jouent Boris Vian et Alexandra Stewart. Alexandra Stewart nous fait le plaisir de venir spécialement !
– 21 mars 15h30 à Nuage Vert, Marcel Benabou, secrétaire définitivement provisoire de l’Ouvroir de Littérature Potentielle (OuLiPo) –qui a bien connu Queneau et Perec– nous fait l’amitié de venir à Argentat-sur-Dordogne parler de : Une petite histoire de l’OuLiPo, en passant par Noël Arnaud et un inédit de Boris Vian
– 28 mars 15h30 salle municipale d’Hautefage : mise en scène par la compagnie Benoit Lepecq de la pièce « Série blême » de Boris Vian. Ne loupez pas ce spectacle burlesque et cartoon créé à Hautefage par Corinne François-Denève avant de partir en Amérique, à la Nouvelle-Orléans !
– 4 avril 15h30 au cinéma Le Turenne. Les Etoiles du Nuage : Pierre-Henri Deleau (directeur de festivals à Cannes ou à Pessac) et Pascal Ory évoquent Pierre Kast et Vian, le club des savanturiers et Queneau, la ‘Pataphysique… Projections.
– 9 mai à 11h Lecture exceptionnelle de Je voudrais pas crever par Jean-Claude Leguay à la Médiathèque Xaintrie Val’Dordogne
en gestation : Michel Gondry a confié son dernier court-métrage inédit sur Boris Vian montré dans l’expo. Il envisage de venir en parler et échanger avec le public
                                                                                        

BEAUVOIR ET SARTRE EN CORREZE

 

SAMEDI 25 JANVIER 2020 à 11h :

L’exposition « SAND, COLETTE, BAKER ET BEAUVOIR entre Corrèze, Limousin et vallée de la Dordogne » vient de s’ouvrir à Nuage Vert – musée mobile Vallée de la Dordogne. Elle montre des documents originaux rares sur ces 4 personnages remarquables. La grande historienne Michelle Perrot a bien voulu écrire un texte inédit à cette occasion.
 
Samedi 25 janvier à 11h, nous aurons la chance d’accueillir dans cette exposition au jardin public d’Argentat-sur-Dordogne François Soustre et Syvain Dufour. François Soustre a écrit un livre sur Simone de Beauvoir en Corrèze (et un autre sur Colette de Jouvenel). Il est antiquaire à Saint-Hilaire-Luc et auteur de différents ouvrages biographiques sur des personnages liés à la Corrèze. Sylvain Dufour est auteur, metteur en scène-scénographe, comédien, danseur, chorégraphe, il fonde la Lust Compagnie à Paris, en 2007. Puis il choisit d’installer sa compagnie à Châteauroux en liaison avec Equinoxe – Scène nationale de Châteauroux.
 
François Soustre et Sylvain Dufour se rassemblent pour partager l’enfance et l’adolescence de Simone de Beauvoir. François Soustre nous raconte cette partie méconnue de la vie de Simone de Beauvoir. Sylvain Dufour s’empare de témoignages et de textes de la jeune Simone de Beauvoir.
La Corrèze et le Limousin ont en effet inspiré à Simone de Beauvoir des pages fortes : « En Limousin, je me perdais dans l’infini tout en restant moi-même. ». Ce portrait résume les premières années de Simone de Beauvoir qui a découvert là « le foisonnement des couleurs et des odeurs » mais surtout « la solitude et la liberté qui au cours de l’année ne m’étaient que parcimonieusement dispensées. Toutes mes aspirations se conciliaient : ma fidélité au passé, et ce goût de la nouveauté, mon amour pour mes parents et mes désirs d’indépendance». Simone vient ainsi tous les étés jusqu’à ses 21 ans dans la demeure de son grand-père Ernest à Meyrignac près d’Uzerche. C’est la dernière année de ses séjours estivaux qu’elle y attire Jean-Paul Sartre. Pas mariés, le père de Simone refuse de recevoir Jean-Paul et ils se voient au fond du parc…
Ce moment passionnant et gratuit sera suivi de quelques verres bus en commun.

AU LOUP !

Le loup, passant les Alpes, revient en France. Et le Limousin fut une terre peuplée de loups jadis… Nuage Vert – musée mobile Vallée de la Dordogne inaugure le samedi 11 janvier à 11h une exposition très riche :   « AU LOUP ! Claire Malary, grand prix de la bande dessinée Artemisia, et les mythes du loup« . Dans cette exposition, sont montrées les planches originales de Claire Malary, en sa présence. Elle dédicacera son album primé Hallali autour d’un verre. C’est l’occasion de découvrir une jeune et brillante créatrice qui a été choisie par ce prix Artemisia visant à récompenser des créatrices et dont Nuage Vert est partenaire.
Comme l’année dernière avec Lorena Canottiere, où les réfugiés espagnols en Limousin furent évoqués, un ensemble de pièces rares des collections de Nuage Vert sont sorties à cette occasion. Elles concernent le loup dans sa dimension légendaire et dans la réalité de sa présence passée ou actuelle. Des peluches et jouets aux images populaires et pièges, le public des petits et grands pourra découvrir cet animal fascinant.
Dans l’entrée, est présentée une petite histoire des bandes dessinées réalisées par des femmes. Elles furent très actives de longue date car la première scénariste de bandes dessinées est Jacqueline Rivière, une Corrézienne ! Elle est rédactrice en chef à partir de 1905 de La semaine de Suzette où elle invente le personnage de Bécassine. Venez voir les premiers numéros et un papier-peint superbe et rare. Plus tard, s’illustrent Claire Bretécher, brillante dessinatrice et peintre, ou Annie Goetzinger, Nicole Claveloux et bien sûr Chantal Montellier qui a non seulement réalisé une fresque sur le bâtiment de Nuage Vert mais offert deux planches historiques magnifiques.
Dans l’espace FOCUS en ce début d’année, une exposition est proposée en parallèle, très riche en pièces originales : SAND, COLETTE, BAKER ET BEAUVOIR, entre Corrèze, Limousin et vallée de la Dordogne. La grande historienne Michelle Perrot a bien voulu offrir à Nuage Vert un texte original sur ces 4 femmes qui ont eu un rapport très fort au territoire et à la nature.
Jean-Michel Teulière viendra à 15h30 ce samedi 11 janvier dans l’exposition pour intervenir sur le thème « Loup, y es-tu ? ». C’est un événement inscrit dans le cadre des animations de l’Atlas de la Biodiversité Communale – ABC que Nuage Vert accueille. Philippe Marchegay dédicacera en fin de séance ses livres « Caméloupon ». Et nous dégusterons les célèbres galettes des rois pistache-griottes de chez Girard !
Deux conférences sont prévues durant les expositions. Samedi 25 janvier 11h le Corrézien François Soustre parlera d’un sujet passionnant et peu connu : « Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre en Corrèze« . Samedi 15 février à 15h30, ce sera « Les femmes dans la bande dessinée européenne francophone » par Gilles Ratier, venu de Limoges. C’est un grand spécialiste de bd : membre du prix Artemisia, secrétaire général pendant 23 ans de l’Association des critiques et journalistes de bande dessinée, chroniqueur dans différents journaux dont BDzoom et L’Echo du Centre, auteur de nombreux ouvrages...

HOMMAGE A MICHELLE PERROT

Michelle Perrot est à l’honneur à l’occasion de la sortie de son livre compilant divers textes chez Robert Laffont : « Le Chemin des femmes ». Elle a accordé un long entretien à France Inter ou fait la « une » du journal Le Monde (22-23 décembre 2019) avec 2 pages d’interview chez elle… Oui, il était temps de rendre hommage à cette très grande historienne qui est pionnière de l’histoire des femmes notamment, avec courage dans des temps où tout cela semblait marginal ou des « non-sujets ».
Voilà ce qui éclate aujourd’hui : le renouveau historique vient en fait des ex-marginaux. Histoire des femmes, histoire comparatiste, histoire des colonisations et des immigrations, histoire des images ou du visuel (et non plus juste histoire de l’art)…
L’histoire est une manière de considérer le passé souvent en fonction de préoccupations présentes. Cela permet de comprendre autrement le chemin parcouru et s’avère heuristique, pour employer un mot savant. Il en est ainsi aujourd’hui de l’ébauche d’histoires environnementales ou de l’histoire stratifiée.
Répétons-le donc, Michelle Perrot est une très grande historienne, qui laisse une oeuvre importante. S’ajoute à cela le fait qu’elle est une personne ayant su rester en éveil.
A cet égard, Nuage Vert lui est infiniment reconnaissant. En effet, Michelle Perrot a eu la gentillesse d’adhérer spontanément à Nuage Vert en envoyant par la poste sa cotisation. Geste de grande camaraderie et de belle élégance. Nous en sommes honoré-e-s !
Et surtout Michelle Perrot a accepté d’écrire et d’offrir à Nuage Vert un texte inédit à l’occasion de l’exposition : SAND, COLETTE, BAKER ET BEAUVOIR, entre Corrèze, Limousin et vallée de la Dordogne.
Merci Michelle pour cette générosité. Merci pour cet admirable parcours intellectuel et humain qui fait modèle !