Des Escapades légères

 
 
Nuage Vert – musée mobile Vallée de la Dordogne reprend la tradition lancée en 2015 (Cabu avait réalisé la première affiche) avec Histoires de Passages… d’un rendez-vous festif autour de Rencontres-Promenades. Le principe –original– est simple : une itinérance au pays d’Argentat-sur-Dordogne totalement gratuite pour faire échanger des personnes d’ici et d’ailleurs à travers des événements successifs.
 
L’éclectisme est de mise, qui permet de passer de physique quantique à l’accordéon, d’histoire des jeux vidéos à la dégustation de pounti, tandis que des artistes offrent des oeuvres réalisées spécialement dans l’espace public. Valoriser les savoirs, les savoir-faire et les créations fait se mêler des personnes considérées comme célèbres et d’autres considérées comme inconnues avec des publics très variés de tous les âges.
 
Nuage Vert désormais organise à l’année des événements dans ce même esprit. Nuage Vert a d’ailleurs été très réactif en appelant dès les premiers jours du confinement à la Résistance culturelle et en ouvrant ensuite le 16 mai l’exposition (avec un livre) : MONTRER L’INVISIBLE. Ca ressemble à quoi un virus ?. Alors, il ne fallait pas perdre ce moment précieux de rencontres toujours fixé le premier week-end après le 14 juillet.
 
Cette année un programme avait été prévu qui est reporté à 2021 à cause des attaques virales que nous connaissons. Néanmoins les demandes furent fortes pour que quelque chose ait quand même lieu. Aussi des « Escapades légères » sont organisées les 17 et 18 juillet (le programme est actualisé en temps réel sur nuage-vert.com) :  vendredi 17 juillet, rendez-vous à Hautefage à 17h pour l’après-midi et la soirée ; 18 juillet, la matinée à Argentat-sur-Dordogne commence à 9h au SILO avec l’intervention de Marc Dufumier ; 18 juillet après-midi et soirée, rendez-vous à 15h30 au camp de la Lune à Saint-Martin-la-Méanne commençant par une marche « La tête dans les nuages » avec animations (en partenariat avec La Dordogne de villages en barrages).
 
Venez célébrer la vie et le vivant dans des Rencontres-Promenades de partage, ça fait du bien dans nos temps morbides d’affrontements et de destructions !
(pensez à cliquer régulièrement sur notre rubrique « Les Escapades du Nuage » où le programme est actualisé dès qu’une modification intervient)

ESCAPADES LEGERES

Nuage Vert – musée mobile Vallée de la Dordogne a réuni son bureau jeudi 4 juin. Il a été décidé, au regard des événements sanitaires, que l’année 2020 serait l’occasion d' »Escapades légères », le programme prévu initialement étant reporté à l’année prochaine (16 et 17 juillet 2021).
 
Escapades légères ne veut pas dire absence d’échanges et bonheur de se retrouver ou de se trouver pour les personnes qui le souhaitent (venir est un choix). Vendredi 17 juillet et samedi 18 juillet plusieurs rendez-vous sont organisés. Il y aura une matinée à Argentat-sur-Dordogne le samedi 18 juillet qui se finira par un verre dans le jardin public en présence de François Boucq, dont sera inaugurée l’expo (formidable dessinateur qui fut grand prix d’Angoulême). Auparavant, rencontre avec Marc Dufumier au SILO et visite des deux expositions de Marinette Cueco (Médiathèque Xaintrie Val’Dordogne et Nuage Vert), grande artiste travaillant sur les thèmes de nature et originaire d’Argentat. Et bien d’autres découvertes à faire (regardez le programme)…
Deux soirées conviviales dans des communes hors Argentat sont prévues : vendredi 17 juillet autour du théâtre de la Luzège ; samedi 18 juillet avec musique et interventions d’artistes en direct. A 20h chaque soir on piquenique ensemble en extérieur. Il y aura une buvette et chacune et chacun apporte son panier. Ce programme est mis en ligne et actualisé régulièrement. C’est gratuit, c’est libre.

PROGRAMME DES « ESCAPADES LEGERES » (les 17 et 18 juillet) actualisé régulièrement sur ce site :

nuage-vert.com / Les Escapades du Nuage

 
Avant ce rendez-vous, qui était fortement demandé par les gens du pays d’Argentat-sur-Dordogne et aussi par des personnes d’ailleurs ayant envie de « déconfiner », signalons plusieurs actualités de Nuage Vert. D’abord jusqu’à mi-juillet il est possible de voir l’exposition –une première internationale– « MONTRER L’INVISIBLE. Ca ressemble à quoi un virus ? » (samedis après-midi et sur rv : 0612296097). Ensuite, Alexandra Duchêne organise une série de rendez-vous sur l’histoire des arts et du visuel. Deux conférences-échanges sont programmées à Nuage Vert : 11 juin 19h « La Renaissance italienne » ; 2 juillet 19h : « L’art des jardins » (inscription obligatoire : 0612296097, cycle des 5 conférences : 60 euros, conférence à la carte : 15 euros).

FETONS LA VIE !

BON JOUR APRES JOUR ! (par Gérard Paris-Clavel)
Les Petits Frères des Pauvres estiment qu’en moyenne 1 personne âgée est morte du COVID tandis que 7 personnes âgées sont décédées du fait de l’isolement… Bientôt, nul doute que fleuriront de sinistres litanies statistiques des morts « secondaires », ces morts induites.
Alors, fêtons la vie ! C’est la Journée internationale des musées et Nuage Vert a décidé cette année de participer à ces moments un peu convenus. Ouvrons les fenêtres et accueillons à nos portes ! Dans les musées en réel qui le peuvent et dans les musées en virtuel. Car ces lieux de trésors sont des lieux d’échange, des lieux de partage, des lieux de vie.
A Nuage Vert, nous sommes une des rares institutions à avoir réagi aux événements (voir ces coeurs de BON JOUR APRES JOUR ! par Gérard Paris-Clavel) avec l’expo virus. Et puis en ligne vous avez 10 vidéos pour vous promener dans les 2 expos « Boris Vian, de la ‘Pataphysique à la science-fiction » (Nuage Vert et médiathèque Xaintrie Val’Dordogne). Et vous pouvez prendre rendez-vous pour venir à Nuage Vert pour voir en vérité vraie ces pièces précieuses d’un défenseur de la vie, d’un lutteur contre la mort (il avait un rétrécissement aortique grave), d’un esprit généreux, inventif dans tous les domaines (une photo est glissée de son appartement). C’est contact@nuage-vert.com ou 0612296097.
Vivre avec Vian ! et vivre avec la nature aussi. En ligne sur nuage-vert.com (« ça bouge / vidéos »), 14 vidéos conseils de lectures (« Vadrouilles en écologie ») pour comprendre comment depuis la Préhistoire les humains ont pensé leurs rapports avec la nature. C’EST FONDAMENTAL. ARRETONS DE PARLER D’ECOLOGIE SANS RIEN SAVOIR DE CETTE HISTOIRE LONGUE. Et, par plaisir, on vous joint un parmi les centaines de dessins donnés par Dobritz sur des humains bien animalisés ou des animaux bien humanisés…
Vivre dans et avec la nature ! Vivre dans et avec les musées ! Allez bonne journée !

Une vue de l’appartement de Boris Vian Cité Véron en face de celui de Jacques Prévert (photo Nuage Vert)

Un des centaines de dessins donnés à Nuage Vert par Dobritz (merci !)

La première expo sur les virus post-confinement !

C’est à la fois citoyen, cathartique, instructif et drôle !

Nuage Vert – musée mobile Vallée de la Dordogne, basé à Argentat-sur-Dordogne, ouvre samedi 16 mai * la première expo sur les virus post-confinement :  » MONTRER L’INVISIBLE. Ca ressemble à quoi un virus ? « .

Elle répond à deux nécessités : être un musée-forum qui apporte des repères sur les questions brûlantes touchant les citoyennes et citoyens ; être un musée dans les murs et hors les murs en développant les contributions participatives. Sur le premier point, des pièces originales rares depuis le XVIIe siècle permettent de voir et comparer les représentations de la peste, variole, rage, grippe espagnole, poliomyélite, SIDA, EBOLA, coronavirus… Sur le second, des enfants d’Argentat-sur-Dordogne et de Paris 12e ont dessiné et peint leurs virus, manière de réagir à cet invisible, tandis que des artistes inventaient des images de tous types. Nuage Vert conservera ces contributions.

Un livre est en préparation qui rassemblera toute cette iconographie ancienne et actuelle inédite. Il comportera des textes de Pauline Petit de France Culture, de Roger Mayou qui dirigea le musée international de la Croix Rouge à Genève, du philosophe Thierry Paquot et de Laurent Gervereau, permettant d’analyser l’aspect imaginaire des figures de virus, les enjeux nouveaux de vie quotidienne et les rapports ville-campagne bouleversés, ainsi que le décryptage de l’incroyable polarisation médiatique.

* 10h-12h, 14h30-17h30 et ensuite sur rendez-vous : 0612296097 ou contact@nuage-vert.com

Confinations mobiles par Gg

 

C’EST PARTI POUR VOIR L’INVISIBLE !

ENFANTS, JEUNES, CREATRICES ET CREATEURS, ADULTES, CONTINUEZ A ENVOYER PHOTOS, DESSINS, VIDEOS, ANIMATIONS, IMAGES INVENTEES DE TOUTE NATURE POUR QUALIFIER L’INVISIBLE : CA RESSEMBLE A QUOI UN VIRUS ?

Nous mettrons des exemples de vos envois sur Facebook. Nous conserverons et exposerons à Nuage Vert vos oeuvres diverses. Un livre sera publié. Merci de nous autoriser à reproduire gratuitement et merci pour vos dons. Un contact, c’est sur ce site : nuage-vert.com/contact.

CONTINUONS LA RESISTANCE CULTURELLE !

 

Bebert-Plonk & Replonk

 

Merci, merci pour vos nombreux envois ! Comme quoi tout le monde n’est pas dans le coltard, chloroformé, hébété, passif… ALORS, CA RESSEMBLE A QUOI UN VIRUS ?

Hubert de Plonk & Replonk depuis la Suisse m’expédie par pigeon voyageur de réjouissantes images (images Bebert-Plonk & Replonk, issues du Journal satyrique romand “Le Vigousse”). J’en passe une dans cette première fournée. Puis une de Mister Local-Global qui s’est décidé à aller dans l’atelier… Et un dessin d’Alice Louradour parmi ses chroniques en images et un autre de Franck Watel (celui qui imagina l’Archipel des îles d’Auvergne après la montée des mers), avec un « confinement » saisissant de Sinono et un sténopé d’Yves Desbuquois très poétique sur le virus du Loch Ness… Quelle richesse de points de vue…

Pour les envois numériques, contactez-nous par le site : www.nuage-vert.com/contact. Pensez à nous autoriser à reproduire gratuitement et à nous demander l’adresse pour envoyer vos originaux ou tirages signés pour la future expo (nous conserverons ces envois dans les collections de Nuage Vert).

Nous présenterons régulièrement sur la page Facebook de Nuage Vert des sélections de vos envois. Merci pour l’abondance et la générosité !

Oui faisons de la Résistance Culturelle ! Oui montrer c’est aussi agir !

 

Mister Local-Global

 

Franck Watel

 

 

Yves Desbuquois

 

 

Sinono

 

Alice Louradour

 

 

CA RESSEMBLE A QUOI UN VIRUS ? Montrer l’invisible

                       
Jeu vidéo allemand et autocollant britannique (collection Nuage Vert)
Nuage Vert – musée mobile Vallée de la Dordogne travaille sur une expo virtuelle, une expo réelle (dès que ce sera réalisable), un livre et des vidéos, sur : « CA RESSEMBLE A QUOI UN VIRUS ? Montrer l’invisible ».
Un appel est lancé aux artistes, aux enfants et jeunes, mais à tout le monde d’ailleurs, pour nous envoyer des images de virus. Comment les voyez-vous ? Tout est possible et tous les imaginaires sont bienvenus sur ces virus de toute nature (numériques aussi).
NOUS SOMMES POLLUES PAR L’INVISIBLE, MONTRONS CET INVISIBLE !
Voilà une démarche amusante et qui peut défouler. Il y aura aussi des travaux plus sérieux sur ces images des absents omniprésents dans l’histoire à partir des collections de Nuage Vert (et de vos dons d’images ou d’objets), où d’ailleurs on montre tout sauf le virus lui-même (voir quelques exemples historiques joints)
VIRUS, ON VA ENFIN TE VOIR ?…
Flagellants lors de la peste de 1348, gravure eau-forte du XVIIIe siècle (collection Nuage Vert)
Buvard publicitaire contre la grippe par Cappiello, début XXe siècle (collection Nuage Vert)

 

Couverture de l’édition poche : La Peste d’Albert Camus en 1955 (collection Nuage Vert)
Insigne des Anonymous (collection Nuage Vert)

L’ECOLOGIE, C’EST QUOI ?

(collection Nuage Vert)
Nuage Vert – musée mobile Vallée de la Dordogne continue son travail de mise à disposition gratuite de ressources en ligne pour faire un peu de résistance culturelle. Sur le site nuage-vert.com (et sur YouTube, chaine Nuage Vert-Green Cloud), dans sa nouvelle rubrique « ça bouge / vidéos », trois semaines de travail intensif ont permis de réaliser une série inédite de 14 vidéos intitulée : « Vadrouilles en écologie ».
 
Le propos est tout à fait nouveau puisque, en cette période de confinement (et après), il s’agit de donner des éléments de réflexion sur un sujet central dans l’actualité mais que personne ne connait. De la Préhistoire à aujourd’hui, comment les humains ont-ils considéré leur environnement ? Quand le mot « écologie » est-il apparu ? Et comment ses significations ont-elles changé ?
 
Chaque étape chronologique est une visite commentée de livres –parfois précieux– et de films qui incitent à aller plus loin. Sans dévoiler le contenu, chacune et chacun pourra voir des mythes et fables anciennes, les naturalistes voyageurs, Darwin et Thoreau et l’inventeur du mot « écologie » en 1866, l’Allemand Ernst Haeckel, comme discipline scientifique. Les communautés libertaires du XXe siècle, à la fois écologistes et féministes prônant l’amour libre et l’éducation populaire, précèdent l’idéalisation de la nature des années 1930 et 1940 pour la droite comme la gauche. Et puis les hippies et le « Summer of Love » de 1967 anticipent un tournant en 1970 avec la première Journée de la Terre et le passage de l’écologie scientifique à l’écologie politique. Toutes les questions d’aujourd’hui sont alors mises en évidence mais sans effet puisque René Dumont, premier candidat écologiste au monde à une élection présidentielle en 1974, obtient 1,3% des voix…
 
Dans notre temps de pandémie, de pollutions diverses et de dérèglements climatiques, voilà donc un outil simple pour donner un peu de perspectives historiques à toutes ces questions : à période troublée, besoin de repères. A noter que de façon complémentaire le site nuage-vert.com (rubrique LabSav) propose avec la Ligue de l’Enseignement et le Musée du Vivant une exposition téléchargeable gratuitement en ligne intitulée : « Une histoire générale de l’écologie en images ».

RESISTANCE CULTURELLE ET MOBILISATION ENVIRONNEMENTALE

 
Nous vivons une situation inédite : la paralysie et le confinement de millions de personnes à travers la planète. Jamais la peur d’un virus n’a eu autant de conséquences. C’est probablement un des effets de la guerre mondiale médiatique où les morts pèsent davantage dans l’imaginaire qu’autrefois, car ils peuvent être individualisés et leurs histoires circulent.
 
L’effet est la reprise en mains des économies par les Etats. La liberté donnée aux entreprises mondialisées trouve là ses limites et un mouvement de relocalisation s’opèrera. Mais ce qui peut inquiéter est la sortie de crise. En dehors de disparitions de secteurs entiers (et évidemment les secteurs culturels trinqueront), on risque de tomber vite dans des palinodies politiciennes qui nous masquent les vrais enjeux.
 
A force de chercher des « responsables » à tout ce qui advient et que personne n’avait prévu, on obtient un effet double : plus personne ne veut prendre le moindre risque et la paralysie et l’inefficacité gagnent ; la pensée de ce qui importe pour le futur est une fois de plus totalement évacuée.
 
Alors, cette période nécessite une vraie RESISTANCE CULTURELLE tout de suite. C’est ce que nous avons fait (comme d’autres bien sûr) symboliquement avec les expositions gratuites téléchargeables en ligne sur simple demande (nuage-vert.com/contact) et puis ces petites vidéos pour nous inciter à décaler le regard, disponibles sur le site (« ça bouge / vidéos ») et avec la chaîne Nuage Vert sur YouTube. Le journal La Montagne a relayé (https://www.lamontagne.fr/tulle-19000/loisirs/correze-decouvrir-des-expos-et-des-films-en-ligne-avec-l-association-nuage-vert_13768642/?fbclid=IwAR3JcEagAcFNk45xBaJMNOSTgMVIRseMeoo2HARfLKnqqfaNR9Ahz1EfSmM#refresh).
 
Mais il faut aussi comprendre un raisonnement simple : si ce virus invisible est parvenu à provoquer la claustration de millions de personnes et l’arrêt des économies, n’est-il pas temps qu’une autre urgence planétaire, première, permanente et en courbe toujours ascendante, suscite des mesures radicales d’éradication : la crise environnementale ? Elle est visible directement car les pollutions, de la terre, de l’eau et de l’air comme les dérèglements climatiques et les empoisonnements de la malbouffe industrielle sont patents.
 
Combattre le virus, oui, mais pas pour tout recommencer comme avant et se perdre en chamailleries idiotes. Combattre le virus et lancer la MOBILISATION ENVIRONNEMENTALE. Changer nos règles dans une lutte frontale avec les périls en cours. La destruction environnementale –c’est-à-dire nos conditions de vie sur cette planète– est une pandémie sans limites qui tue depuis des dizaines d’années.
 
(ci-joint un dessin récupéré grâce à Philippe Dubé au Québec, merci !)

Anesthésie générale et Résistance Culturelle

Coronavirus :

– nouvelle rubrique de petites vidéos pour décaler son regard « ça bouge / vidéos »

– profitez de nos ressources en ligne, notamment demandez

les expos téléchargeables gratuitement

 

Une intoxication planétaire est en cours. Cette vague virale foudroyante nait d’un doute généralisé. La claustration s étend.
Et beaucoup de petites musiques se répandent. Les plus positives sont la mise de contenus et d’échanges en ligne développant de facto des médias intermédiaires dont nous avons besoin. Dans un nouveau système où le virtuel a pris le pas sur le réel, le réel dépend du virtuel et des solidarités du virtuel. De surcroît, tout le monde paraît fragile au même titre.
La mise en valeur concurrente des scientifiques est aussi une manière d’affirmer ce que je dis depuis longtemps : au-delà de la liberté de pensées et de croyances individuelles, les sciences critiques et expérimentales sont le seul dénominateur commun. Au temps des fake news ou des deep news (des faits intangibles affirmés en dehors de toute vérification et même en dépit de toutes les preuves contraires, c’est-à-dire dans un au-delà de la raison), la nécessité d’un référent commun est très pédagogique et indispensable.
Mais un tel arrêt prépare des lendemains difficiles et sûrement contrastés, avec les survivantes et survivants économiques, les gagnantes et gagnants d’un côté, et les désespérés ou les oubliés de l’autre. Parallèlement, se dessine une tendance localo-localiste d’égoïsmes concurrents sources de conflits.
Le retour au local, j’y appelle depuis des années, les circuits courts, les fonctionnements au plus près de la vision directe. Mais un retour au local dans des solidarités globales indispensables, que nécessitent nos urgences environnementales planétaires. Un local-globalisme, un terrisme (une défense collective de notre lieu de vie, de ce globe si singulier et si fascinant) ici et ailleurs.
Voilà ce qui doit nous guider. Et, tandis que les urgences sont là pour sauver d’abord des vies mais également des personnes et des entreprises en faillite, il importe de garder à l’esprit que résistance culturelle et résistance des savoirs sont aussi essentiels. Je pense à tout ce tissu associatif –souvent bénévole avec de petites subventions– qui oeuvre considérablement au lien social.
Alors, la résistance culturelle s’organise avec des contenus en ligne. Et il faut poursuivre. A Nuage Vert, nous avons commencé une micro-action symbolique en plaçant tous les jours des petites chroniques courtes pour interpeler et notamment valoriser à distance les expos (à Nuage Vert et à la médiathèque Xaintrie Val’Dordogne) « Boris Vian, de la ‘Pataphysique à la science-fiction ». La SF, on y est en direct. Faisons vivre alors un tout petit peu ces expos fantôme de pièces rares (rubrique « ça bouge / vidéos »). C’est minuscule, c’est poisson-pilote comme tout ce que le musée mobile a réalisé (lancer des initiatives et des idées, souvent sans moyens, mais avec de l’imagination, pour que d’autres s’en emparent et développent). Des magazines, des petites fictions à l’arrache, des MOOC, des cours en ligne, des modules de découverte environnementale ou d’analyse des images, il y a tant à inventer…
Décidément, cet exceptionnel Boris Vian, à l’humour et à la poésie décapantes dans tous les domaines, mort brutalement à 39 ans, trinque encore (il a ramé…), non pas aux cocktails sur des solos de jazz ou de rock, mais à la cigüe médiatique obligatoire (le centenaire annoncé, tout est annulé)… Pauvre Boris ! On ne va pas le lâcher et on continuera à faire des événements quand cela ira mieux (tous nos intervenantes et intervenants veulent absolument venir).
Et puis, méfions-nous, organisons la Résistance Culturelle (ReCult), car dans notre système du news market, nous vivons des polarisations exclusives et successives. C’est dangereux. Là aussi, la diversité est essentielle : on peut se mobiliser et apprendre ou se divertir. Les savoirs et les cultures au sens large d’expressions culturelles (qui vont aussi vers la gastronomie ou le sport) doivent innerver le corps social comme des valeurs collectives. Puisse cette mobilisation générale apporter une réévaluation de ce qui nous est indispensable à vivre, bien au-delà de l’argent et surtout de son accumulation irraisonnée.
Laurent Gervereau

ça bouge / vidéos

une rubrique nouvelle sur ce site

pour décaler son regard

nature et culture au petit matin…

BORIS VIAN DE LA ‘PATAPHYSIQUE A LA SCIENCE-FICTION

BORIS VIAN A ARGENTAT-SUR-DORDOGNE

(CA COMMENCE LE 7 MARS 2020 A 10H !)

du 7 mars au 23 mai 2020

Un événement, deux expositions : à Nuage Vert – Musée mobile Vallée de la Dordogne et à la médiathèque Xaintrie Val’Dordogne

Boris Vian et Miles Davis au club Saint-Germain pour la sortie de Cantilènes en gelée en 1949, publié par Rougerie en Limousin

(Archives Cohérie Boris Vian)

Deux expositions célèbrent un auteur fameux et très original né il y a cent ans : Boris Vian. Ces expositions (intitulées « Boris Vian de la ‘Pataphysique à la science-fiction ») sont inscrites comme des étapes majeures dans la commémoration nationale. Commémorer Boris Vian ? Cela l’aurait fait sourire… Mais il mérite ce Boris d’être fêté car, mort brutalement à 39 ans, il a oeuvré dans tant de domaines avec tant de talents et d’originalité.

Pourquoi à Argentat-sur-Dordogne ? Parce qu’une pièce unique, répartie sur un mur entier, est présentée dans l’exposition de Nuage Vert – musée mobile Vallée de la Dordogne (jardin public d’Argentat) : l’original de son seul livre d’artiste Cantilènes en gelée publié en tirage limité par Rougerie en Limousin en 1949, exemplaire dédicacé par Boris Vian à Odette et Pierre Bost.

Mais beaucoup d’autres aspects de la vie de ce personnage exceptionnel sont évoqués dans les deux présentations avec des pièces originales rares. Ainsi, pour la première fois, sont sorties de son appartement cité Véron à Paris (en face de celui de Jacques Prévert) cinq des six peintures à l’huiles réalisées par Boris Vian, grâce à un prêt de Nicole Bertolt et la Cohérie Boris Vian. C’est grâce aussi à elle que de faux journaux confectionnés par Boris sont montrés à Nuage Vert : les « fake news de Boris ».

Voici le moyen de revisiter tout l’après-guerre, un temps d’espoirs et de terreurs. Boris –lui qui pratique un humour si décapant– connaît des épreuves. Sa famille à Ville-d’Avray est ruinée par le krach boursier de 1929. A la suite d’une maladie infectieuse, il subit un rétrécissement aortique au début des années 1930 qui met sa vie en péril et le tuera (il meurt en 1959 en voyant son nom au générique du film J’irai cracher sur vos tombes de Michel Gast qu’il récusait). Son père est assassiné en 1944.

Ingénieur diplômé de l’Ecole Centrale et travaillant à l’AFNOR sur les normes, il est depuis 1937 membre du Hot Club de France présidé par Louis Amstrong et Hugues Panassié. Et il écrit. Vous verrez l’édition originale de J’irai cracher sur vos tombes, polar à scandale de 1946 qu’il est censé avoir juste traduit. Vous verrez aussi la première publication de L’Ecume des jours, roman qui n’aura aucun succès avant sa mort comme tous les autres, si bien qu’il arrête d’en écrire en 1953 (après L’Arrache-coeur).

Mais Boris Vian, c’est aussi le Tabou et les caves de Saint-Germain-des-Prés, la fête après la guerre tandis que la menace atomique de la guerre froide pèse et qu’il faut vivre chaque instant intensément. C’est la science-fiction (le mot apparaît en 1950-51) et ces films et romans et objets remplis de robots, de Martiens et de voyages dans l’espace. Ce sont les premiers rocks en France en 1956 avec Henri Salvador, parallèlement au Limougeaud Marc Lanjean et le film Miss Catastrophe avec « Rock à quat’strophes ». Et le cinéma (Alexandra Stewart, qui a joué avec lui, vient à Argentat le 14 mars). Et tant d’idées dans tous les domaines…

Des artistes se sont mobilisés. Guénolé Azerthiope vient le 7 mars pour les inaugurations (10h à la médiathèque et 11h à Nuage Vert) et a prêté 3 sculptures mobiles. Willem a créé un dessin original en couleur pour Nuage Vert. Michel Gondry a confié son dernier court-métrage sur Vian. Des sculptures de Jean-Claude Biraben sont exposées et des peintures de Guy Bodson. Enfin des pièces précieuses concernant le Collège de ‘Pataphysique (avec son ami Raymond Queneau, Jacques Prévert et tant d’autres) vous font pénétrer dans la vie d’un personnage prodigieux, inventif en tout, pétri d’humour et de dérisoire, gai et désespéré, qui a commis plus de 600 chansons et inspiré Serge Gainsbourg et surtout qui, mort, est tellement vivant. C’est cela que vous ressentirez à travers une commémoration très riche, mêlant toutes les générations, dont ces deux expositions avec différentes rencontres passionnantes marquent un temps fort.

A noter les rendez-vous :

BORIS VIAN, DE LA ‘PATAPHYSIQUE A LA SCIENCE-FICTION

exposition à Nuage Vert et à la médiathèque Xaintrie Val’Dordogne

(renseignements : contact@nuage-vert.com ou 06 12 29 60 97 /  www.mediatheque.xaintrie-val-dordogne.fr ou 05 55 91 90 11)

 

– 7 mars  10h  inauguration de l’exposition à la Médiathèque Xaintrie Val’Dordogne avec Guénolé Azerthiope (la partie « Science-fiction et premiers rocks en France »)

11h inauguration de l’exposition à Nuage Vert (la partie « Pataphysique et vies parallèles ») avec Guénolé Azerthiope

– 14 mars 15h30 au cinéma Le Turenne : projection du Bel Age de Pierre Kast où jouent Boris Vian et Alexandra Stewart. Alexandra Stewart nous fait le plaisir de venir spécialement !

– 21 mars 15h30 à Nuage Vert, Marcel Benabou, secrétaire définitivement provisoire de l’Ouvroir de Littérature Potentielle (OuLiPo) –qui a bien connu Queneau et Perec– nous fait l’amitié de venir à Argentat parler de : Une petite histoire de l’OuLiPo, en passant par Noël Arnaud et un inédit de Boris Vian

– 28 mars 15h30 salle municipale d’Hautefage : mise en scène par la compagnie Benoit Lepecq de la pièce « Série blême » de Boris Vian. Ne loupez pas ce spectacle burlesque et cartoon créé à Hautefage par Corinne François-Denève avant de partir en Amérique, à la Nouvelle-Orléans !

– 4 avril 15h30 au cinéma Le Turenne. Les Etoiles du Nuage : Pierre-Henri Deleau (directeur de festivals à Cannes ou à Pessac) et Pascal Ory évoquent Pierre Kast et Vian, le club des savanturiers et Queneau, la ‘Pataphysique… Projections.

– 9 mai à 11h Lecture exceptionnelle de Je voudrais pas crever par Jean-Claude Leguay dans l’expo Boris Vian à la médiathèque Xaintrie Val’Dordogne

en gestation : Michel Gondry a confié son dernier court-métrage inédit sur Boris Vian montré dans l’expo. Il envisage de venir en parler et échanger avec le public